Mercredi, 06 Juillet 2011 10:02
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FAST-FOOD : L’Alternative des Populations Sénégalaises Favori

Fast Food

De nos jours, les capitales africaines sont confrontées à de véritables mutations. Celles-ci touchent tous les domaines. Et le secteur de la restauration rapide n’est pas en reste. Jadis cantonnés dans les quartiers d’affaires, les fast-foods ont proliféré et s’implantent désormais au niveau des quartiers populaires et dans les banlieues. Une situation qui contribue à modifier les habitudes alimentaires.
Fast-foods, anglicisme à usage commercial, synonyme de (aliment) "prêt-à-manger", "restauration rapide" désigne un "type de restauration offrant des plats rapides, peu élaborés et peu chers". Il signifie également le "lieu où l'on mange ces plats". Au Sénégal, depuis l'instauration de la "Journée continue" en 1991, la restauration rapide est en train de devenir un "phénomène social". Une réalité des grandes villes, dans un pays où la pauvreté a atteint des proportions inquiétantes.
La cuisine : une chimie, une envie, une découverte, des goûts, des couleurs, des sensations et cela au-delà du fait d’assouvir la faim… c’est toute une histoire. Auparavant, moments de convivialité, les heures de repas, autour du bol, étaient des occasions de retrouvailles dans les différentes familles africaines. Le repas était aussi l’occasion pour les aînés d’inculquer certaines valeurs aux plus petits. En effet, en mangeant, ils observent la manière dont les enfants procèdent, pour les rectifier. Ces derniers doivent avoir le doigt gauche sur le rebord du bol. Ils ne doivent point bavarder, ni porter la main au milieu du bol. Les adultes se chargent en général de leur fournir du « Ndawal » (portions de poisson ou de viande). Atoumane Diagne souligne : « s’alimenter requiert de la tenue ; il faut honorer cette manne dont le Bon Dieu nous gratifie ».
Toutefois, cette tradition n’est plus très observée. Babacar Diagne déplore, de nos jours, qu’il n’y ait plus le sens du partage. Car, dit-il, la course vers l’argent a fini de tuer l’union dans la famille et au-delà, dans la communauté. Les instants de famille se font de plus en plus rares. Les repas ne sont plus pris comme à l’accoutumée en groupe. A chacun ses raisons !
A Dakar, par exemple, le phénomène est devenu quasiment banal avec l'implantation de petits restaurants un peu partout notamment le long des grandes avenues, des rues, dans les coins les plus reculés et même aux alentours de certains commerces et services. Cependant, des inquiétudes ne manquent pas. Elles sont liées au manque d’hygiène dans certains fast-foods, au non contrôle des aliments consommés. Non seulement le service d'hygiène, faute de personnel insuffisant, qui, d'ailleurs, ne peut être une excuse, n'effectue pas de descente dans ces lieux de restauration rapide fréquemment, mais aucune enquête ou contrôle au laboratoire n'est encore fait pour certifier la qualité du service offert, des aliments proposés aux clients. Ce qui fait qu’en plus de l'insalubrité, de l'environnement malsain, l'origine et la qualité des provisions de nombre de ces restaurants ne rassurent pas.
Pis, des clients souffrent souvent de maladies gastriques, de diarrhée ou autres maux de ventre au sortir des fast-foods. Et, comme si cela ne suffit pas, les restaurants de quartiers, les gargotes poussent comme des champignons à n'importe quel point de rassemblement de personnes, de travailleurs, aux alentours des écoles et structures de formation, etc. sans se soucier du minimum d'hygiène.
Ces gargotes sont pour la plupart installés dans des espaces insalubres où les mouches élisent domicile. Une étude d’Enda-Graf sur cette restauration de la rue révèle que des analyses en laboratoire de ces plats préparés dans les maisons pour la plupart des cas avant d’être vendus dans la rue, en plein air, "sont contaminés avant d’arriver sur les lieux de vente". La même étude réalisée auprès de 600 femmes à Dakar montre que près de 1800 emplois ont été crées dans ce secteur et le chiffre d’affaires annuel est évalué à 3,3 milliards de F.CFA.
C'est pourquoi, l'Etat a tout à gagner dans l’organisation et la valorisation de ce secteur de la restauration rapide dans toutes ses facettes. Aussi, le gouvernement, à travers le Service d'hygiène, gagnerait à s'intéresser au service offert dans les fast-foods, des sources d'approvisionnement, à l'aliment "prêt-à-manger" en passant par la conservation et la préparation des aliments. Il y va de la prévention et de la santé des populations dont les habitudes alimentaires, avec l'avènement de la journée continue, sont transférées dans les rues. Si les restaurants sont prisés pour leur menu, les fast-foods par contre sont préférés pour la rapidité du service. Enfants, ados, businessmen ou encore grands-parents, tous vont régulièrement dans ce type de restaurant. Plus qu'une alimentation, le fast-food est aujourd'hui un style de vie : celui des gens pressés qui ne veulent pas perdre de temps autour d'une table.
Le temps consacré à la préparation des repas diminue. Manger des produits cuisinés dans les fast-foods est de plus en plus fréquent. Une habitude alimentaire à mettre en parallèle avec l'augmentation du nombre de personnes atteintes de diabète, d'hypertension ou encore d'obésité. « Le temps ne nous permet plus de sortir des aliments givrés du réfrigérateur, d’attendre leur décongélation avant de commencer leur cuisson », avance Dominique, étudiante en Droit. Le « temps », voilà le véritable problème qui serait la principale cause des changements observés dans les comportements alimentaires de nombreux Sénégalais. La composition des mets servis dans les fast-foods ne semble pas intriguer les clients. Pourtant, chawarmas, nems, fatayas, sandwiches, et hamburgers condensés de sel, sucre, huile, dans des proportions importantes constituent un « cocktail multicolore ». Plusieurs restaurants se sont vus investir dans ce domaine pour fidéliser la clientèle.
La santé des populations étant en jeu, avec des conditions d’hygiène qui laissent parfois à désirer dans certains fast-foods, l’Etat a pris ses dispositions. Ainsi un contrôle est effectué par les agents d’hygiène au niveau des fast-foods avec des visites inopinées sur les lieux. En effet, entre autres exigences, les locaux doivent être aérés, ventilés et correctement éclairés, murs et plafonds maintenus en parfait état de propreté, souligne Mamadou Goudiaby agent d’hygiène dans une sous-brigade de la place. Le personnel chargé de la manipulation des denrées alimentaires, du conditionnement et des emballages est astreint, sous la responsabilité de l’employeur, à la plus grande propreté corporelle et vestimentaire.
Les agents sont également tenus de faire une visite médicale périodique, conformément à la réglementation en vigueur. «Je veille au respect scrupuleux de toutes ces règles d’hygiène par obligation professionnelle et pour répondre aux exigences des agents d’hygiène qui viennent fréquemment contrôler », déclare Amadou Ndiaye, gérant d’un fast-food.
La vigilance est de mise dans la conservation des denrées pour éviter la poussière, les mouches et tout autre vecteur de nuisances. « Les sanctions prises par l’agent d’hygiène qui constate des manquements sont pécuniaires mais peuvent entraîner la fermeture du fast-food », précise M. Diouf, chef d’une sous-brigade d’hygiène de la place. En tout état de cause, le danger reste le même et c’est le consommateur qui en paye les pots cassés. Il faut donc être vigilant. « Les sandwichs que proposent ces types de restaurant sont beaucoup trop riches en sucre et en graisse. Le service est rapide mais l'apport nutritif est beaucoup trop important », explique le Dr Baye Moussa Samba, nutritionniste.
Le pain blanc qui sert à faire les hamburgers est déjà très complet, en plus de la mayonnaise, et un « steak » haché avec plus de 15% de matières grasses. On obtient ainsi un repas dont la valeur nutritive dépasse l'apport quotidien dont nous avons besoin », ajoute t- il. Et le Dr Baye Moussa Samba de préciser : « Pour chaque hamburger avalé, ce sont 260 calories, que le corps doit absorber, pour 100 grammes de frites, ce sont 285 calories, et si a tout cela s'ajoute un verre d’une boisson sucrée ou de jus de fruits, alors il faudra ajouter 60 calories supplémentaires ».
Ainsi, consommer fast-food ne rime pas avec consommer léger. Dans le souci de prévenir certains problèmes de santé, ne faudrait-il pas prendre conscience du danger lié à la consommation quotidienne des menus proposés dans les lieux de restauration rapide ?

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Dernière modification le Mercredi, 06 Juillet 2011 12:41

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